
Chronologie
Les projets révolutionnaires
A partir de la
Révolution, les biens de l’Eglise sont sécularisés (laïcisés,
rendus à la vie laïque) et la
direction de l’enseignement passe sous la responsabilité de
l’Etat. L’instruction devient laïque et l’Etat mène une
politique de combat à l’égard des congrégations religieuses.
Sans aboutir à des résultats immédiats et définitifs, les
révolutionnaires français ouvrent la voie de l’enseignement
moderne en formulant un certain nombre de principes.
septembre 1791
Lecture du rapport
Talleyrand sur l’instruction publique qui pose les bases d’un
système d’enseignement pour tous et gratuit.
Lire le
rapport Talleyrand
1791
La Constitution du 3 septembre prévoit
dans son Titre I : "Il sera créé et organisé une Instruction
publique commune à tous les citoyens, gratuite à l’égard des
parties d’enseignement indispensables pour tous les hommes et
dont les établissements seront distribués graduellement, dans un
rapport combiné avec la division du royaume. "
Condorcet présente à
l’Assemblée nationale législative son rapport sur l’organisation
générale de l’Instruction publique. Il y défend le projet d’une
école laïque, gratuite (mais non obligatoire).
Lire le
rapport Condorcet
29 juillet 1793
Robespierre défend à la Convention un
plan d’éducation nationale élaboré par Félix Le Peletier de
Saint-Fargeau : l’instruction ne saurait suffire à la
"régénération" de l’espèce humaine ; l’État doit se charger
d’inculquer une morale, en prenant en charge l’éducation en
commun des enfants entre 5 et 12 ans. "A cinq ans, la patrie
recevra donc l’enfant des mains de la nature ; à douze ans, elle
le rendra à la société".
Loi Bouquier : la Convention déclare que
l’instruction est gratuite et obligatoire pour tout enfant de 6
à 8 ans.
Décret Lakanal : l’instruction n’est plus
obligatoire. Le décret garantit, en outre, la liberté
d’enseigner et institue une école pour 1000 habitants.
1795
Loi Daunou : la gratuité est abandonnée.
L’école primaire de l’Empire à
la IIIème République
Dans le système
napoléonien, l’école primaire revient à une école
confessionnelle et payante mais soumise à la tutelle de
l’Université. L’enseignement élémentaire retourne
progressivement au système de l’Ancien Régime et, sous la
Restauration, l’Eglise renforce sa position sur le plan
scolaire.
1806
Fondation de l’Université impériale.
17 mars 1808
Publication du décret impérial n° 3179
portant organisation de l’Université. L’enseignement primaire
est laissé principalement aux mains du clergé. Le décret prévoit
la création d’écoles normales pour la formation des instituteurs
(art. 108 :...il sera établi auprès de chaque académie... une ou
plusieurs classes normales, destinées à former des maîtres pour
les écoles primaires).
1810
Création de la première Ecole normale à
Strasbourg.
1826
Ouverture des premières "salles d’asile"
(à Paris, rue du Bac et rue des Gobelins) à l’initiative d’un
comité de dames patronesses autour de la marquise de Pastoret.
14 février 1830
Publication de l’ordonnance n° 13-437
concernant l’instruction primaire qui tend à pourvoir toutes les
communes de "moyens suffisants d’instruction primaire".
28 juin 1833
Publication de la loi sur
l’instruction primaire ("loi Guizot"). La loi prévoit :
l’ouverture obligatoire d’une école de garçons dans toute
commune de plus de 500 habitants, l’ouverture d’une Ecole
normale d’instituteurs dans chaque département, la création des
Ecoles primaires supérieures et l’obligation pour les
instituteurs d’être titulaires du Brevet de capacité. François
Guizot, dans une circulaire adressée aux instituteurs, présente
la loi comme la "charte de l’instruction primaire". Guizot, par
ailleurs, intègre les salles d’asile dans le système général de
l’instruction primaire et il définit leurs fonctions ("faire
contracter dès l’entrée dans la vie des habitudes d’ordre, de
discipline, d’occupation régulière qui sont un commencement de
moralité ; et en même temps, [y recevoir] les premières
instructions...").
Lire la
circulaire Guizot
1835
Création du corps des inspecteurs du
primaire.
15 mars 1850
Publication de la loi relative à
l’enseignement ("loi Falloux") dont les principales dispositions
sont les suivantes : les écoles libres peuvent tenir lieu
d’écoles publiques, pour les religieux le principe de la lettre
d’obédience les dispense du Brevet de capacité, les communes de
plus de 800 habitants sont tenues d’ouvrir une école de filles.
10 avril 1867
La loi Duruy impose la création d’une
école de filles dans chaque commune de plus de 500 habitants,
crée les Caisses des écoles (étape vers la gratuité) et
préconise un examen qui deviendra ultérieurement le Certificat
d’études.
1879
La loi Paul Bert impose l’ouverture d’une
Ecole normale de filles dans chaque département.
4 février 1879
Jules Ferry est nommé pour la première
fois ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts ; il
le reste jusqu’au 22 septembre 1880. Du 23 septembre 1880 au 13
novembre 1881, il est président du Conseil et ministre de
l’Instruction publique et des Beaux-Arts, puis du 30 janvier
1882 au 6 août 1882, de nouveau en charge du portefeuille de
l’Instruction publique, puis du 21 février 1883 au 20 novembre
1883 il cumule encore la présidence du Conseil et le ministère
de l’Instruction publique.
juin 1881
Publication, le 16 juin, de la loi
établissant la gratuité absolue de l’enseignement primaire dans
les écoles et les salles d’asile publiques et dans les écoles
normales primaires ("loi Ferry"). Une autre loi abolit les
dispositions de la loi Falloux dispensant les ministres du Culte
et les institutrices congréganistes des examens de capacité.
juillet 1881
Institution du Certificat d’études
primaires à partir de l’âge de 11 ans.
2 août 1881
Organisation des écoles maternelles (le
terme de salle d’asile est supprimé). L’école maternelle devient
une école non obligatoire mais gratuite et laïque.
28 mars 1882
La loi sur l’enseignement primaire
obligatoire ("loi Ferry") instaure l’obligation scolaire pour
les enfants des deux sexes de 6 à 13 ans ainsi que la
laïcisation des programmes des écoles publiques. L’article 2 de
la loi stipule : "Les écoles primaires publiques vaqueront un
jour par semaine, outre le dimanche, afin de permettre aux
parents de faire donner, s’ils le désirent, à leurs enfants,
l’instruction religieuse, en dehors des édifices scolaires". Le
jour vaqué est le jeudi.
30 octobre 1886
Loi relative à l’organisation de
l’enseignement primaire ("loi Goblet"). La loi laïcise les
maîtres des écoles primaires (art. 17 : dans les écoles
publiques de tout ordre, l’enseignement est exclusivement confié
à un personnel laïque) et crée les "cours complémentaires"
annexés aux écoles élémentaires.
7 juillet 1904
Une loi indique "l’enseignement de tout
ordre et de toute nature est interdit en France à toutes les
congrégations".
9 décembre 1905
Adoption de la loi de séparation de
l’Eglise et de l’Etat. S’ensuivent des heurts permanents
jusqu’en 1914 et récurrents tout au long du siècle entre
instituteurs et curés, école publique et école privée.
9 août 1936
La loi Jean Zay porte prolongation de la
scolarité obligatoire à quatorze ans.
1940-1944
Le gouvernement de Vichy
est hostile à l’oeuvre scolaire laïque et signe une série de
mesures contre les défenseurs de l’école publique.
Abrogation de la loi interdisant aux
congréganistes d’enseigner.
18 septembre 1940
Le gouvernement supprime les écoles
normales d’instituteurs, trop républicaines, et exige des
instituteurs qu’ils obtiennent le baccalauréat.
15 octobre 1940
Suppression des syndicats enseignants.
6 décembre 1940
Les devoirs envers Dieu sont
explicitement rétablis dans les programmes primaires.
2 novembre 1941
A la demande de l’épiscopat, une
subvention de quatre cent millions de francs au profit des
écoles privées est inscrite au budget du ministère de
l’Intérieur et mandatée par les préfets aux évêques.
17 avril 1945
Une ordonnance du général De Gaulle
abroge la législation scolaire de Vichy et sans contrepartie
alors que l’épiscopat souhaite obtenir un statut légal pour
l’enseignement privé.
24 septembre 1998
Rapport de Jean Ferrier, Inspecteur
général de l’Education nationale, sur l’école primaire :
"situation alarmante" de l’école primaire (17% des élèves en
difficulté à l’entrée du CE2) ; proposition notamment de
renforcer l’évaluation des connaissances, en particulier par
l’instauration d’un "brevet des écoles" avant le passage en
6ème.
8 novembre 1944
Création, par René Capitant ministre de
l’Education nationale, de la commission ministérielle d’étude
chargée d’élaborer un projet de réforme de l’enseignement. Elle
est présidée par Paul Langevin, professeur au Collège de France,
puis après sa mort, par Henri Wallon, professeur au Collège de
France. La commission rendra son rapport le 19 juin 1947 (lire
le
plan Langevin-Wallon). Ses travaux deviendront une référence
obligée du débat sur l’éducation pendant des décennies (école
unique, unification du secondaire, enseignement obligatoire de
six à dix-huit ans...).
3 mars 1945
Publication de l’ordonnance n° 45-318
portant suppression des classes primaires et élémentaires des
lycées et collèges. Cette ordonnance parachève l’évolution vers
l’assimilation des deux enseignements primaires - l’un préparant
à l’entrée directe dans la vie active et l’autre à
l’enseignement secondaire.
28 septembre 1951
Publication de la loi
n° 51-1140 dite "loi Barangé" instituant un compte spécial du
Trésor. La loi prévoit de "mettre à la disposition de tout chef
de famille, ayant des enfants recevant l’enseignement du premier
degré, une allocation dont le montant est de mille francs par
enfant et par trimestre de scolarité. Pour les enfants
fréquentant un établissement public [...] cette allocation est
mandatée directement à la caisse départementale scolaire gérée
par le conseil général. [...] Pour les enfants fréquentant un
établissement privé d’enseignement, cette allocation est
mandatée directement à l’association des parents d’élèves de
l’établissement."
Les
années cinquante ne connaîtront pas de réforme d’envergure.
L’enseignement primaire est désormais tout à fait autonome : il
comprend un cursus complet sur cinq ans et des classes de fin
d’études sur deux ans ; il est sanctionné par le certificat
d’études primaires. C’est sous la Vème République que cette
école primaire, gratuite, obligatoire et laïque va connaître des
changements majeurs.
6 janvier 1959
Réforme Berthoin (décret du 6 janvier
1959) : prolonge la scolarité obligatoire jusqu’à seize ans et
crée un cycle d’observation de deux ans à la fin du primaire ou
au début du secondaire.
3 août 1963
Réforme Fouchet-Capelle : implante le
cycle d’observation dans des établissements distincts, les
collèges d’enseignement général (CEG) et les collèges
d’enseignement secondaire (CES).
1969
La mixité s’impose à l’école primaire.
12 mai 1972
Publication d’un décret qui institue le
jour d’interruption des cours au mercredi et non plus au jeudi.
11 juillet 1975
Publication de la loi no 75-620 relative
à l’éducation qui institue le collège unique ("réforme Haby").
L’école primaire devient la première étape du système éducatif.
Désormais, à l’issue du CM2, tous les enfants ayant atteint les
objectifs de l’école élémentaire poursuivent leur scolarité au
collège.
2 août 1977
Publication de la circulaire 77-266
relative aux écoles maternelles qui fixe le rôle et les
objectifs de l’école maternelle : l’affectivité, le corps - le
mouvement - l’action, l’expression vocale - la musique, l’image
- les représentations iconiques, l’expression plastique, le
langage oral et le langage écrit, le développement cognitif.
1981
Création de zones d’éducation
prioritaires (renforcement sélectif de l’action éducative dans
les zones et dans les milieux sociaux où le taux d’échec
scolaire est le plus élevé).
29 février 1984
Communication en Conseil des ministres
sur l’école pré-élementaire et élémentaire. Proposition de
plusieurs orientations d’après les conclusions de la
"consultation-réflexion" nationale : renforcement de l’action
menée pour les écoles maternelles, mesures destinées à assurer
la continuité de l’action éducative entre cinq et huit ans,
développement sur l’apprentissage de la lecture, effort
d’amélioration de la formation des maîtres, révision des
méthodes d’enseignement de l’histoire-géographie en 1984 et des
autres matières en 1985, développement des liaisons avec les
parents, les collectivités locales et les associations,
accroissement des responsabilités de l’équipe éducative dans
chaque école, effort en faveur de la circulation des
informations.
22 avril 1985
Présentation par M. Jean-Pierre
Chevènement, ministre de l’Education nationale, des nouveaux
programmes de l’école élémentaire applicables à la rentrée :
suppression des activités d’éveil remplacées par des disciplines
dotées d’horaires propres, notamment éducation civique et
informatique ; renforcement de l’enseignement du français,
réaffirmation d’une "pédagogie de l’activité" visant à rendre
l’élève autonome et responsable.
30 janvier 1986
Publication de la circulaire 86-046
portant orientations pour l’école maternelle qui abroge la
circulaire du 2 août 1977 et qui, outre la préparation à la
"grande école", assigne à l’école maternelle trois objectifs :
scolariser, socialiser, apprendre et exercer.
23 mars 1989
Présentation à Arras par M. Lionel
Jospin, ministre de l’Education nationale, de la Jeunesse et des
Sports, de sa politique de lutte contre l’échec scolaire dans le
primaire : notamment priorité à la scolarité dès deux ans des
enfants issus de milieux défavorisés ; substitution à la notion
de classe de celle de cycle continu des premiers apprentissages
(en limitant au maximum les redoublements), relance de zones
d’éducation prioritaire (ZEP) ; évaluation des acquis en
français et en calcul à la fin de chaque année ; mise en place
de "missions lecture" dans les académies.
10 juillet 1989
Publication de la loi d’orientation sur
l’éducation qui étend, en priorité, la préscolarisation aux
enfants de deux ans vivant dans un environnement social
défavorisé, organise la scolarité en cycles, réaménage l’année
scolaire (trente-six semaines réparties en cinq périodes) et
allège la semaine d’une heure (vingt-six heures). La loi crée
également les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres
(IUFM) qui prennent le relais des écoles normales.
1er août 1990
Publication du décret n° 90-680 qui crée
le corps des professeurs des écoles.
6 septembre 1990
Publication du décret n° 90-788 qui
organise la scolarité de l’école maternelle et primaire en trois
cycles pédagogiques qui tiennent compte de la progression
psychologique des enfants :
le cycle
des apprentissages premiers se déroule à la maternelle :
le cycle
des apprentissages fondamentaux commence en maternelle et se
poursuit dans les deux premières années de l’école primaire ;
le cycle
des approfondissements correspond aux trois dernières années du
primaire et débouche sur le collège.
19 février 1992
Communication en Conseil des ministres
sur l’apprentissage des langues vivantes dans l’enseignement des
premier et second degrés. Le gouvernement prévoit de généraliser
l’expérience de l’enseignement précoce d’une langue vivante dès
l’école primaire, de moderniser et renforcer l’enseignement des
langues au collège, d’étendre aux lycées la possibilité
d’étudier deux langues et d’adapter la formation initiale et
continue des enseignants à ces réformes.
28 septembre 1992
Présentation par M. Jack Lang, ministre
de l’Education nationale et de la Culture, d’un "plan pour la
lecture" destiné aux élèves et aux maîtres de la maternelle au
collège, comprenant notamment un budget de 10 millions de francs
consacré à la création de bibliothèques-centres documentaires
dans 20 départements pilotes à la rentrée 1993.
13 juillet 1995
Promulgation de la loi no 95-836 de
programmation du "nouveau contrat pour l’école" (publiée au JO
n° 163).
1er septembre 1998
Conférence de presse, réunissant Claude
Allègre, ministre de l’Education nationale, de la Recherche et
de la Technologie, et Ségolène Royal, ministre de l’Enseignement
scolaire, consacrée à l’annonce de mesures gouvernementales pour
l’enseignement : pour l’école primaire, recrutement
d’aides-éducateurs et d’intervenants extérieurs, afin de
développer l’enseignement des langues, des arts, des sports et
des nouvelles technologies, renforcement de l’enseignement d’une
langue étrangère, mise en place de "réseaux d’écoles" pour le
maintien des écoles en milieu rural.
23 janvier 1999
A Paris, dans une intervention au
colloque consacré à la réforme de l’enseignement primaire,
Claude Allègre, ministre de l’Education nationale, de la
Recherche et de la Technologie, présente la "Charte pour bâtir
l’école du XXIème siècle" : recentrage des programmes sur les
acquisitions fondamentales (lecture, écriture, calcul, oral) et
développement de l’aide personnalisée aux élèves, aménagement
des rythmes scolaires, évolution du métier de professeur des
écoles (coordination d’une équipe éducative composée de
collègues, intervenants extérieurs et aides-éducateurs) ;
expérimentation de la réforme dans 1800 écoles dès février, puis
évaluation et bilan en septembre.
28 septembre 1999
Devant la presse, présentation par
Ségolène Royal, ministre de l’Enseignement scolaire, des
objectifs assignés à l’école maternelle dans la continuité des
programmes de 1995 : préparation à l’entrée dans le primaire,
lutte contre les inégalités sociales, l’échec scolaire et
l’illettrisme, acquisition des langages (langage oral,
initiation à l’écriture et à la lecture, langage de l’image),
apprentissage de la vie en société et relations privilégiées
avec les familles.
20 juin 2000
Lors d’une conférence de presse, Jack
Lang, ministre de l’Education nationale, annonce une série de
mesures en faveur de l’enseignement primaire, notamment :
renforcement de l’apprentissage des langues vivantes ;
instauration d’un brevet informatique et internet ;
développement de la formation des enseignants.
15 novembre 2000
Présentation du premier plan pluriannuel
pour l’éducation nationale, qui vise à planifier le
renouvellement des effectifs, à mettre en application les
réformes du gouvernement et à réduire les inégalités
géographiques ; il comprend deux volets (plan pluriannuel pour
2001-2003 avec 33 000 créations d’emplois, du primaire au
supérieur, et plan de programmation des recrutements sur cinq
ans), prévoit le recrutement de 185 000 enseignants de la
maternelle au lycée d’ici 2005 et doit coûter environ 4 MdsF
d’ici 2004.
27 février 2001
Jack Lang, ministre de l’Education
nationale, annonce un plan de rénovation des Instituts
Universitaires de Formation des Maîtres (IUFM) qu’il juge
"décalés" par rapport aux évolutions de la société : inscription
plus facile en IUFM pour les aspirants professeurs et
harmonisation nationale des programmes des épreuves ; création
d’un "comité de suivi des concours" pour les candidats du second
degré ; formation continue des jeunes professeurs au cours des
deux premières années d’exercice (coût de 60 millions de
francs) ; limitation de l’accès aux postes de formateurs en IUFM
aux seuls enseignants ayant eu une expérience récente dans
l’enseignement. Réactions : les syndicats enseignants et
étudiants réservent un bon accueil à ce plan auquel le SNES
reproche toutefois de ne pas aborder la question des moyens mis
à la disposition des IUFM.
1er mars 2001
Dans un avis, le Haut Conseil de
l’évaluation de l’école estime que la politique de réduction de
la taille des classes, telle qu’elle a été menée depuis une
trentaine d’années, est peu efficace dans la lutte contre
l’échec scolaire ; il propose l’expérimentation d’une forte
réduction du nombre d’élèves dans les CP où sont regroupés les
élèves les plus défavorisés.
14 février 2002
Parution des nouveaux programmes de
l’école primaire dans le Bulletin officiel de l’Education
nationale (hors-série n°1).
9 avril 2003
Communication de Luc Ferry, ministre de
la Jeunesse, de l’Education nationale et de la Recherche, en
Conseil des ministres, sur la formation des enseignants et son
plan de réforme des IUFM : recentrer sur l’université la
formation théorique et la préparation des concours de
recrutement, développer la logique de formation professionnelle
en alternance en deuxième année d’IUFM et rallonger à deux ans
le stage en responsabilité des futurs enseignants ;
enseignements en IUFM assurés par des enseignants chercheurs de
l’université et par des professeurs du premier et du second
degré chargés de cours ; relancer la formation continue
(mastères professionnels) par les universités et les écoles
d’ingénieurs. Réactions : le SNUIpp et le SNES redoutent une "
réduction drastique " des cours en IUFM dans le cadre de
l’allongement du stage de seconde année, le SGEN dénonce la "
conception rétrograde " du projet de réforme.
mai 2003
Au cours du mois de mai
2003, la mobilisation des enseignants, initiée dès octobre 2002
par des journées nationales d’action, s’amplifie. Les
enseignants protestent contre la décentralisation, la réforme
des retraites, la baisse du budget de l’Education nationale et
la suppression des emplois-jeunes. Le gouvernement réagit en
organisant des tables rondes en juin et annonce des amendements
aux projets contestés.
15 septembre 2003
Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre,
installe la Commission du débat national sur l’avenir de l’école
dont l’objectif est d’aboutir à une révision de la loi
d’orientation de 1989.
15 mars 2004
Promulgation de la loi n° 2004-228
encadrant, en application du principe de laïcité, le port de
signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans
les écoles, collèges et lycées publics (JO n° 65 du 17 mars
2004).
12 octobre 2004
Lors de la remise du rapport Thélot "
Pour la réussite de tous les élèves ", Jean-Pierre Raffarin,
Premier ministre, déclare que la réforme de l’école est l’une
des trois priorités du " Contrat France 2005 " ; il annonce une
loi d’orientation et de programmation qui doit se substituer à
la loi d’orientation de 1989, avec pour objectif de lutter
contre l’échec scolaire (" 100 % des élèves devant obtenir une
qualification "), fixe le calendrier de la réforme (présentation
du projet de loi en Conseil des ministres fin décembre ou début
janvier 2005, inscription prioritaire à l’ordre du jour du
Parlement, entrée en vigueur à la rentrée 2006) et revendique le
principe d’une réforme " à coût constant ". Principales
propositions du rapport Thélot : scolarité obligatoire à cinq
ans ; acquisition par tous les élèves d’un " socle commun des
indispensables ", y compris l’anglais (initiation dès le CE2) et
la pratique informatique, par des apprentissages personnalisés
et des parcours diversifiés en trois cycles (apprentissage de
base, approfondissement, diversification) ; orientation à la fin
de la classe de 3e et diversification des filières dès la
seconde (voies professionnelles, vers des études supérieures
courtes, vers des études supérieures longues) ; création d’un "
statut du lycéen professionnel " ; redéfinition des missions et
du statut d’enseignant, allongement du temps de présence des
enseignants dans l’établissement ; redéfinition des concours de
recrutement, réforme des IUFM, formation continue et politique
de " gestion des ressources humaines " ; évaluation des
établissements (" obligation d’efficacité ") et soutien à la
mixité sociale ; " projet local d’éducation " et partenariats
éducatifs incluant communes, élus, associations, entreprises,
médias, services médicaux et sociaux, police et justice.
Réactions : le SE-Unsa et la CFDT sont globalement favorables
aux propositions ; le SNES conteste la " conception réductrice "
du socle commun et voit le passage d’un cycle à l’autre comme
une " redoutable machine à exclure " ; l’UNSA-éducation et le
Snuipp-FSU craignent l’orientation précoce et la reconstruction
de " filières ségrégatives " à l’issue de la 3e ; l’enseignement
obligatoire de l’anglais en CE2 fait l’objet de controverses
chez les enseignants de langues vivantes et les tenants de la
diversité culturelle ; pour la FSU, l’allongement du temps de
service risque d’être perçu, par l’ensemble des enseignants,
comme " une provocation "..
12 janvier 2005
Présentation au Conseil des ministres par
François Fillon, ministre de l’Éducation nationale, de
l’Enseignement supérieur et de la Recherche, du projet de loi
d’orientation pour l’avenir de l’école. L’objectif de la réforme
est notamment d’imposer l’acquisition d’un ensemble de
connaissances et compétences indispensables par tous les enfants
à l’issue de la scolarité obligatoire ; ce socle commun est
constitué de la maîtrise de la langue française, des
mathématiques, d’une langue vivante, de la connaissance des
sciences et des techniques informatiques ; la réforme prévoit
l’instauration d’un contrat individuel de réussite éducative
(CIRE) pour les élèves en difficulté ; le projet de loi donne
aux conseils de classe toute latitude dans les décisions de
redoublement, il prévoit la généralisation des cours de langue
vivante au CE2 puis au CE1, l’apprentissage d’une seconde langue
à partir de la cinquième et le dédoublement des cours de langues
au lycée. Les objectifs à terme de la réforme sont d’amener 80%
d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat et 50% d’une classe
d’âge à un diplôme d’enseignement supérieur. Le projet de loi
affirme le principe de la liberté pédagogique des enseignants et
entend restaurer leur autorité. Le texte rattache les instituts
universitaires de formation des maîtres (IUFM) aux universités.
Pour le remplacement de courte durée des professeurs absents, le
texte donne la possibilité de faire appel à d’autres enseignants
du même établissement scolaire.
23 avril 2005
Promulgation de la loi d’orientation et
de programme pour l’avenir de l’école n° 2005-380 du 23 avril
2005 (JO n° 96 du 24 avril 2005).